Incendie : toute la vie d’un couple de Marnais a été réduite en cendres

Depuis lundi matin, Jacquy Landragin enchaîne les rendez-vous et les démarches administratives. L’incendie qui a ravagé son habitation de la route de Verdun, dimanche en fin de journée, n’a quasiment rien épargné. « J’étais chez mon frère quand c’est arrivé, commence par raconter ce chauffeur routier. La fille de ma femme m’a appelé pour me dire qu’il y avait le feu à la maison. Quand je suis arrivé, les pompiers étaient déjà sur place. »

Un incendie d’origine accidentelle qui a été provoqué par un feu de cheminée. « Ma femme est malade et elle avait froid ce soir-là, poursuit-il. Elle a allumé un feu. Quand sa fille lui a dit qu’il y avait de la fumée, elle a tout de suite éteint le foyer et a sorti les morceaux de bois dehors. Elle pensait que c’était terminé car il n’y avait pas de fumée au rez-de-chaussée, ni au premier étage, mais le feu avait déjà pris en haut de la maison. »

« J’ai entendu frapper à la porte et je pensais que c’était Jacquy, précise Thi Bay, originaire du Vietnam. Quand j’ai ouvert, une personne m’a dit qu’il fallait sortir de la maison. J’ai jeté des documents par la fenêtre pour en sauver quelques-uns. J’ai pu récupérer mon sac avec mes papiers d’identité, mais ma fille a tout perdu, ses papiers et ses cours. Elle passe bientôt son bac et pour elle, c’est très compliqué. »

Le couple avait acheté cette maison il y a un an. « Avant, on habitait à Ville-sur-Tourbe, rappelle Jacquy Landragin.

Ma femme travaille au resto routier près de la sortie d’autoroute et pour éviter qu’elle ne fasse trop de route, surtout en hiver, on avait décidé d’habiter à Sainte-Ménehould. Jusque-là, tout allait bien… »

Un élan de solidarité

Dans son malheur, la famille a pu compter sur la solidarité de tous. « Je remercie le jeune pompier qui est venu me chercher », assure Thi Bay.

« On remercie Le Cheval rouge qui nous a hébergés dimanche soir, mais aussi les pompiers et la Ville de Sainte-Ménehould, qui nous a trouvé un logement, reprend Jacquy Landragin. Nos employeurs ont été très compréhensifs et nous ont laissés du temps. On a pu compter sur notre assurance et tous ceux qui nous aident dans nos démarches administratives. » À ce sujet, il a dû faire un aller-retour à Paris, jeudi, afin de demander un nouveau passeport et un visa de résident pour la fille de sa femme, Thuy Trang. « Sans papier, elle ne pourrait pas passer son bac. On a demandé une procédure d’urgence. Pour ça et tout le reste, on se débrouille comme on peut car nous n’avons presque plus rien. »

Hier matin, la famille avait rendez-vous pour signer le bail d’un nouveau logement. « On va voir cet après-midi (hier) si on peut aller récupérer quelques effets personnels, mais on ne se fait pas trop d’illusion. Le grenier est tombé sur le premier étage, tout est détruit. Nous n’avons même plus de vêtements », explique Jacquy Landragin, la gorge serrée.

« Depuis dimanche soir, on ne dort quasiment pas, conclut la victime. On sait que ce sera long avant que tout redevienne comme avant et que l’on doit se préparer à des mois très difficiles. »